Protéger les cellules essentielles du cerveau

La détermination du rôle que les gènes et les protéines jouent dans l’apparition et l’évolution de la maladie de Parkinson est essentielle à la découverte de médicaments et de traitements qui préviendront, ralentiront ou guériront la maladie.

À l’Université Laval, Julia Obergasteiger, titulaire d’une bourse de recherche postdoctorale, se penche sur un gène appelé Flcn. Les chercheurs croient que ce gène joue un rôle dans la protection des cellules cérébrales qui produisent de la dopamine, une substance chimique qui donne le signal favorisant l’amorce du mouvement. La mort des cellules dopaminergiques aboutit à la maladie de Parkinson.

Madame Obergasteiger, neuroscientifique, fait actuellement appel à des modèles de souris pour établir si l’élimination de ce gène dans les cellules cérébrales a une incidence sur la capacité de la cellule à survivre et à recycler les matières toxiques ou indésirables.

Les chercheurs croient qu’une défaillance de ce mécanisme de recyclage au sein des cellules productrices de dopamine favorise l’agrégation d’une autre protéine, appelée alpha-synucléine, qui entraîne la mort de ces cellules.

En s’ingérant dans ce processus, par la suppression du gène Flcn, on pourrait relancer la capacité des cellules à recycler et à éliminer les surplus d’alpha-synucléine, prévenant ainsi l’accumulation d’agrégats.

« Nous savons déjà que la suppression de la Flcn protège les neurones, mais nous ne savons pas comment », affirme madame Obergasteiger. « Nous voulons découvrir si le processus de recyclage dans les neurones est une composante importante [du processus] ».

Si madame Obergasteiger et ses collègues parviennent à prouver que la Flcn est essentielle au processus de recyclage au sein des cellules, cette découverte pourrait éventuellement aboutir à un nouveau médicament, ou permettre l’utilisation d’un médicament existant pour protéger les cellules cérébrales productrices de dopamine.

« L’objectif à long terme est de trouver un moyen de prévenir la mort des neurones », explique madame Obergasteiger. « Cela permettrait de prévenir la mort des neurones restants chez les personnes atteintes qui ont déjà reçu un diagnostic de maladie de Parkinson ».

Madame Obergasteiger, qui a grandi dans la région du Tyrol, dans le sud de l’Italie, a été attirée par les sciences grâce à sa curiosité envers le fonctionnement de son propre corps. Elle a envisagé d’entreprendre des études en médecine, mais elle a décidé que la recherche sur la maladie de Parkinson répondait à son besoin d’aider les autres tout en satisfaisant sa curiosité scientifique.

Alors qu’elle était déjà bien avancée dans ses études postdoctorales, son oncle a reçu un diagnostic de maladie de Parkinson, ce qui a ajouté à sa motivation de dénouer le processus dégénératif.

Elle s’intéresse particulièrement à la raison pour laquelle les formes héréditaires de la maladie de Parkinson et les formes sporadiques sans composante génétique peuvent entraîner les mêmes symptômes.

« Pour moi, le fait de passer mon temps à chercher quelque chose qui peut aider les gens tôt ou tard représente du temps bien investi. Chaque jour, je réalise pourquoi je le fais. »

Back to top