Professeur adjoint Caroline Paquette

Professeur adjoint Caroline Paquette

Bien que la plupart d’entre nous le considèrent comme allant de soi, se tourner en marchant est une tâche compliquée. Notre cerveau doit calculer où placer nos pieds et comment ajuster et maintenir notre équilibre lorsque nous changeons de direction, le tout en une fraction de seconde. Pour certaines personnes atteintes de la maladie de Parkinson, tourner se traduit souvent par un gel. Sans avertissement, elles se retrouvent enracinées sur place. Elles ne peuvent pas se contenter de vouloir aller de l’avant. À l’Université McGill, Caroline Paquette, professeure adjointe au Département de kinésiologie et d’éducation physique, tente de déterminer quelles régions du cerveau sont touchées chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui se figent. Elle utilise la tomographie par émission de positons (TEP) pour scanner le cerveau des personnes atteintes de la maladie de Parkinson après qu’elles aient franchi une série d’obstacles nécessitant des virages. Ses recherches sont financées par une bourse de nouveau chercheur de 90 000 dollars sur deux ans du programme de recherche de Parkinson Canada. « Nous savons que le fait de tourner est un élément complexe de la marche et que c’est un élément déclencheur important du gel », explique Mme Paquette. « C’est un problème assez important chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, car si votre mobilité est affectée, votre qualité de vie et votre indépendance s’en ressentent. Pour découvrir comment vaincre le gel, Mme Paquette doit d’abord comprendre quels sont les mécanismes cérébraux en jeu. Avant que les participants à l’étude ne commencent à marcher, Mme Paquette et son équipe leur injectent un petit traceur radioactif. Une fois qu’ils ont terminé leur tâche de marche et de rotation, des techniciens scannent leur cerveau pour voir quelles zones le traceur a éclairé, ce qui indique une activité accrue. En étudiant les scanners cérébraux des personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui se figent en marchant, ainsi que les scanners des personnes atteintes de la maladie de Parkinson qui ne se figent pas, et en comparant ces images aux scanners des personnes non atteintes de la maladie de Parkinson, Mme Paquette espère identifier les zones spécifiques du cerveau que le fait de tourner active. Paquette utilisera ensuite une autre technologie non invasive, appelée stimulation magnétique transcrânienne, pour stimuler les zones du cerveau qui semblent sous-utilisées chez les personnes souffrant de freezing. Le couplage de la SMT, qui consiste à utiliser des aimants pour créer une activité électrique dans le cerveau, avec les régimes de rééducation actuels pourrait permettre de réduire ou d’éliminer le freezing, estime M. Paquette. La rééducation est déjà assez efficace pour réduire les cas de freezing, note Paquette. « Avec l’entraînement, nous savons que vous pouvez amener les gens à avoir moins d’épisodes de freezing débilitants, à utiliser d’autres indices par eux-mêmes et à moins dépendre de l’environnement. Si vous êtes en mesure d’utiliser la stimulation magnétique transcrânienne en plus de cela, vous pourriez obtenir des résultats plus rapidement et peut-être avoir des effets plus durables », explique Mme Paquette. Si Mme Paquette parvient à prouver sa théorie, sa recherche ouvrirait de nouvelles perspectives de traitement et réduirait l’isolement, l’anxiété et la peur de tomber dont souffrent les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, qui ne savent jamais quand elles se retrouveront coincées et incapables de bouger. Pour Mme Paquette, cette subvention de Parkinson Canada arrive à un moment crucial, car l’étude contribuera à asseoir sa réputation et à lancer ses recherches. « C’est la clé qui me permettra de jeter les bases de mon laboratoire et de mon programme de recherche, afin que nous puissions obtenir des fonds pour mettre à la disposition des personnes atteintes de la maladie de Parkinson de meilleures interventions thérapeutiques qui amélioreront leur mobilité. explique Mme Paquette.

Découvrez d’autres chercheurs récemment financés par le programme de recherche de Parkinson Canada en visitant la section recherche du site www.parkinson.ca.