Hélèna Denis, doctorante
Centre Hospitalier de l’Université Laval

À l’Université Laval, Hélèna Denis, candidate au doctorat, étudie les cellules sanguines des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Elle étudie le lien entre les protéines liées à la maladie de Parkinson et les petits morceaux de membrane cellulaire, appelés vésicules extracellulaires, qui peuvent émerger de n’importe quelle cellule. Ses recherches sont rendues possibles grâce à une bourse d’étudiant diplômé du programme de recherche de Parkinson Canada, d’un montant de 30 000 dollars sur deux ans. À terme, ses travaux pourraient être utilisés pour accélérer le diagnostic, identifier les stades ou la progression de la maladie et tester l’efficacité des nouveaux traitements.

En l’absence de tests diagnostiques permettant de déterminer avec certitude si une personne est atteinte de la maladie de Parkinson ou à quel stade de la maladie elle se trouve, les médecins diagnostiquent la maladie sur la base d’évaluations cliniques à l’aide d’échelles. L’échelle prend en compte le fonctionnement de la personne, ses symptômes et les résultats d’une combinaison de tests de mémoire et de motricité.

Hélèna Denis étudie les vésicules extracellulaires (VE), des structures qui émergent des cellules et qui transportent des molécules. Elles servent de médiateur dans la communication intercellulaire. Hélèna Denis se concentre sur les VE dérivées des globules rouges pour voir comment elles sont impliquées dans la maladie de Parkinson.

Lorsque les cellules sont activées ou stressées, elles peuvent libérer un plus grand nombre de ces vésicules, explique Denis.

Elle compare le nombre de vésicules dérivées des globules rouges de personnes ne souffrant pas de la maladie de Parkinson avec le nombre de vésicules chez les personnes atteintes de la maladie.

« Nous avons trouvé de fortes corrélations entre le nombre de vésicules extracellulaires dérivées des globules rouges et une échelle clinique utilisée par les cliniciens pour évaluer les stades de la maladie de Parkinson », explique-t-elle.

Les personnes qui semblent être aux premiers stades de la maladie de Parkinson, selon l’échelle, ont également moins d’EVs dérivées de leurs globules rouges que les personnes aux stades plus avancés de la maladie.

Denis s’intéresse également aux différences entre les types de protéines trouvées dans les VE des personnes atteintes de la maladie de Parkinson et les protéines trouvées dans les VE des personnes en bonne santé. Ses recherches sont rendues possibles grâce à une bourse d’étudiant diplômé du programme de recherche de Parkinson Canada, d’un montant de 30 000 dollars sur deux ans.

« La teneur en protéines de ces vésicules pourrait également nous aider à diagnostiquer ou à prédire les stades de la maladie », ajoute-t-elle.

À terme, les résultats obtenus par Denis pourraient être utilisés pour diagnostiquer la maladie de Parkinson, évaluer plus précisément la progression de la maladie ou mesurer l’efficacité des traitements. Par exemple, si un médicament ou une thérapie réduit le nombre de VE dérivées des globules rouges ou leur signature protéique spécifique chez un patient atteint de la maladie de Parkinson, cela indiquerait que le médicament est efficace.

Denis a commencé sa carrière dans l’industrie pharmaceutique, mais elle n’a pas aimé la pression de la commercialisation des découvertes. Elle a donc choisi de poursuivre une carrière dans la recherche académique, où elle peut se consacrer à cette science fondamentale nécessaire.

« J’aime beaucoup mon projet de recherche parce que j’ai l’occasion de travailler à la fois avec des patients et des cliniciens », dit-elle.

Elle est également motivée par la nécessité de personnaliser les médicaments afin de mieux traiter les symptômes individuels des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. La mise au point de biomarqueurs pourrait y contribuer. « Chaque patient atteint de la maladie de Parkinson présente un ensemble de symptômes différents », explique Mme Denis. « Certaines personnes présentent des symptômes moteurs plus graves, tandis que d’autres ont des troubles cognitifs plus importants. Les biomarqueurs permettraient de personnaliser les médicaments afin de traiter les symptômes de chaque patient individuellement. »