Martin Lévesque
Professeur associé
Université Laval

Une protéine appelée alpha-synucléine, qui s’accumule en amas dans les cellules cérébrales des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, est depuis longtemps la cible des chercheurs qui étudient les causes de cette maladie dégénérative. La façon dont l’alpha-synucléine interagit avec d’autres protéines est considérée comme la clé de la progression de la maladie de Parkinson.

À l’Université Laval, le professeur associé Martin Lévesque se concentre sur la relation entre l’alpha-synucléine et une autre protéine appelée Rin. Lévesque utilise des modèles de souris génétiquement modifiées pour augmenter la quantité de Rin dans les cellules cérébrales génératrices de dopamine. La recherche de Lévesque est rendue possible grâce à une subvention de projet pilote du programme de recherche de Parkinson Canada, d’un montant de 50 000 dollars sur un an.

Lors de tests précédents au niveau cellulaire, l’augmentation de Rin a diminué la quantité d’alpha-synucléine s’accumulant dans les neurones.

« Le rin augmente la capacité de la cellule à se débarrasser des protéines toxiques », explique M. Lévesque.

Lévesque et d’autres chercheurs pensent que la maladie de Parkinson survient lorsque le processus normal d’élimination des protéines dans les cellules se dérègle, ce qui permet à des quantités toxiques d’alpha-synucléine de s’accumuler et de tuer les cellules dopaminergiques.

« Nous nous intéressons à la manière dont ces cellules cérébrales productrices de dopamine établissent leur connexion et aux facteurs qui maintiennent et assurent leur survie », explique-t-il.

Si Levesque et ses collègues parviennent à démontrer que l’augmentation de la Rin diminue l’alpha-synucléine, empêchant ainsi la formation d’amas et protégeant les neurones, ils auront ouvert une nouvelle voie et une nouvelle cible pour les médicaments.

La prochaine étape de la recherche de M. Lévesque consistera à rechercher un médicament qui augmente le taux de Rin.

« Nous pourrions alors disposer d’un composé neuroprotecteur contre la dégénérescence », explique-t-il. « Le patient prendrait des pilules qui renforceraient l’activité de Rin et bloqueraient la progression de la maladie.

Bien qu’il reste de nombreuses étapes à franchir pour que M. Levesque et ses collègues puissent mettre au point un nouveau médicament protecteur, il estime que ses recherches sont porteuses d’espoir.

« Si nous développons un médicament … pour une personne qui vient de développer la maladie de Parkinson, cela signifierait qu’elle ne souffrirait pas trop de la maladie. Ce serait le rêve », déclare-t-il.

Lévesque a commencé sa carrière universitaire par un diplôme de premier cycle en biologie. Il est devenu neuroscientifique après s’être passionné pour le développement du cerveau et avoir étudié la connectivité de la dopamine dans différentes régions du cerveau.

Aujourd’hui, son laboratoire est entièrement consacré à l’étude des cellules dopaminergiques. « Il n’existe pas de traitement curatif pour la maladie de Parkinson », explique M. Lévesque. « Il reste encore beaucoup de recherches à mener pour mettre au point un produit qui bloque ou modifie la progression de la maladie.