L’ambroxol, un médicament couramment utilisé dans les sirops contre la toux en Europe, fait maintenant l’objet d’une enquête en tant que traitement potentiel de la maladie de Parkinson. Contrairement aux thérapies existantes qui ne font que gérer les symptômes, l’ambroxol est l’un des rares candidats dans les essais cliniques de phase avancée qui pourraient aider à ralentir ou à modifier l’évolution de la maladie. Les premières conclusions sont encourageantes et marquent un tournant important dans la recherche sur la maladie de Parkinson.

Vue d’ensemble

Qu’est-ce que l’ambroxol ?
L’ambroxol est largement utilisé en Europe pour fluidifier le mucus dans le système respiratoire, mais il n’est pas approuvé au Canada ni aux États-Unis. Les chercheurs se sont intéressés au médicament après avoir trouvé des preuves qu’il pourrait améliorer la fonction de la GCase, une enzyme qui aide à éliminer les substances nocives des cellules cérébrales. De faibles niveaux de GCase sont potentiellement liés à la maladie de Parkinson.

Pourquoi l’ambroxol est-il étudié pour la maladie de Parkinson ?
Les problèmes liés à la GCase peuvent entraîner l’accumulation de protéines nocives comme l’alpha-synucléine, qui endommagent les neurones producteurs de dopamine. En améliorant l’activité de la GCase, l’ambroxol pourrait être en mesure de réduire ou d’arrêter cette accumulation et de protéger les cellules cérébrales.

Essais cliniques : où en sommes-nous maintenant ?

Dans quelle phase d’essai clinique l’ambroxol se trouve-t-il actuellement ?

L’ambroxol est actuellement étudié dans les essais de phase II et de phase III :

– Des études de phase II menées en Ontario et au Royaume-Uni ont montré que l’ambroxol est sûr et peut affecter l’activité de la GCase dans le cerveau.
– Un essai de phase III au Royaume-Uni est en cours pour vérifier si l’ambroxol peut ralentir ou arrêter la progression de la maladie de Parkinson.
– Une étude de phase II en Ontario, achevée en juin 2025, a révélé que l’ambroxol était sûr, améliorait la fonction de la GCase et présentait des avantages possibles pour les symptômes psychiatriques et cognitifs.

Il existe actuellement quatre thérapies modificatrices de la maladie en essais de phase III pour la maladie de Parkinson. L’ambroxol et le lactobacillus acidophilus sont des médicaments existants qui sont réaffectés, tandis que le prasinezumab et le bemdaneprocel ont été spécialement conçus pour la maladie de Parkinson.

Comment cela fonctionne-t-il ?

L’ambroxol soutient la fonction d’une enzyme dans le cerveau appelée glucocérébrosidase (GCase). Cette enzyme aide les cellules à éliminer les déchets et à rester en bonne santé. Lorsque les niveaux de GCase sont trop bas, des protéines nocives telles que l’alpha-synucléine peuvent commencer à s’accumuler. Au fil du temps, ces protéines s’agglutinent en structures appelées corps de Lewy, qui sont toxiques pour les cellules cérébrales. Ces amas endommagent particulièrement les neurones producteurs de dopamine – les cellules mêmes qui sont perdues dans la maladie de Parkinson – et cela entraîne la progression des symptômes.

Pourquoi cibler la GCase et l’alpha-synucléine ?

En augmentant l’activité de la GCase, l’ambroxol peut aider le cerveau à éliminer davantage de ces déchets et à réduire l’accumulation d’amas de protéines nocives. La protection des neurones producteurs de dopamine de cette manière pourrait ralentir la perte de ces cellules vitales et modifier l’évolution de la maladie de Parkinson plutôt que de ne traiter que les symptômes. Les premières études ont montré que l’ambroxol peut traverser le cerveau et stimuler l’activité de la GCase, ce qui en fait l’un des candidats modificateurs de la maladie les plus prometteurs étudiés aujourd’hui.

Perspectives d’avenir

Les essais de phase III prennent du temps, et les résultats de l’étude britannique sont attendus dans les années à venir. Au 1er avril 2025, le premier participant a reçu une dose dans le cadre de l’essai britannique. Au 30 juin 2025, l’essai de phase II en Ontario s’est terminé, confirmant l’innocuité de l’ambroxol et montrant qu’il stimulait l’activité de la GCase avec des signes précoces potentiels d’amélioration des symptômes.

L’ambroxol pourrait être particulièrement efficace pour les personnes atteintes de mutations du gène GBA1 – le facteur de risque génétique le plus courant de la maladie de Parkinson. Cependant, les chercheurs étudient également ses effets chez les personnes sans liens génétiques.

Même si l’ambroxol ne s’avère pas en fin de compte modifier la maladie, ses essais fourniront tout de même des données précieuses sur la biologie de la maladie de Parkinson et éclaireront la conception des futures thérapies.

Plus d’informations

Traitements modificateurs de la maladie c. traitements symptomatiques :
Les thérapies modificatrices de la maladie ciblent la biologie sous-jacente de la maladie de Parkinson pour ralentir ou modifier sa progression, tandis que les thérapies symptomatiques ne font que gérer les symptômes.

Autres médicaments ciblant la GCase :
Plusieurs sont à l’étude, mais l’ambroxol est le plus avancé dans les essais cliniques.