Le 1er avril marque le début du mois de la sensibilisation à la maladie de Parkinson et nous sommes fiers de commencer le mois en représentant le Canada à la conférence internationale AD/PD™ 2025 sur les maladies d’Alzheimer et de Parkinson de cette année. Cette réunion annuelle rassemble des professionnels médicaux et scientifiques de renommée mondiale pour discuter des dernières recherches et des traitements de la maladie d’Alzheimer, de la maladie de Parkinson et d’autres maladies neurodégénératives apparentées.

Dpremier jour

La première journée a été bien remplie et nous a permis d’entendre parler de nouvelles recherches passionnantes sur de nombreux sujets. Il s’agissait notamment d’études en cours visant à mieux comprendre l’alpha-synucléine. Cette protéine est considérée comme l’un des principaux facteurs de la maladie de Parkinson, car elle peut se déformer et s’accumuler dans le cerveau, endommageant les neurones dopaminergiques qui sont essentiels à la fonction motrice. D’importants travaux précliniques visant à découvrir la biologie de la maladie de Parkinson, le fonctionnement de l’alpha-synucléine et à mettre au point des traitements reposent sur la recherche sur les souris. Cependant, on se demande actuellement si l’alpha-synucléine se comporte de la même manière chez la souris que chez l’homme. Les chercheurs ont découvert qu’il existe des différences potentiellement importantes entre la façon dont les différentes fibrilles d’alpha-synucléine se propagent dans le cerveau de l’homme et celui de la souris. Cela confirme la nécessité de mieux comprendre la pathogenèse de la maladie de Parkinson et de veiller à ce que la recherche soit effectuée avec des modèles qui reflètent plus précisément la façon dont la maladie évolue chez l’homme, afin de nous aider dans notre recherche de traitements plus efficaces.

Nous avons également appris ce qu’est le dysfonctionnement de l’odorat (appelé cliniquement hyposmie) et les nouvelles recherches qui montrent qu’il est fortement associé à la maladie de Parkinson. Les mécanismes à l’origine de cette association varient mais comprennent des changements dans le métabolisme de la dopamine et des dommages causés aux parties du cerveau associées à l’odorat par des amas de protéines alpha-synucléine et tau. Des recherches importantes sont menées au Canada sur ce sujet, notamment par le laboratoire du Dr Michael Schlossmacher. Ces recherches visent notamment à mieux comprendre les mécanismes et à mettre au point des outils de diagnostic basés sur l’odorat qui peuvent aider à identifier la maladie de Parkinson à un stade précoce.

Le Dr Schlossmacher est professeur de neurologie à l’Université d’Ottawa et codirecteur du Consortium de recherche sur la maladie de Parkinson. Il est également l’un des nombreux chercheurs financés par Parkinson Canada qui sont présents et qui présentent leurs travaux lors de la conférence de cette année, et nous sommes ravis de voir autant de représentants canadiens. Angelica Asis, vice-présidente de la recherche à Parkinson Canada, a également pu rencontrer la Dre Margaux Teil de l’Université McGill aujourd’hui, et nous publierons leur entrevue séparément. La Dre Teil est une chercheuse financée par Parkinson Canada qui effectue d’importants travaux sur les modèles marmousets de la maladie de Parkinson afin d’accélérer le passage des thérapies des essais précliniques aux essais cliniques. La biologie du ouistiti est plus proche de celle de l’homme que de celle de la souris, et la poursuite du développement de ces modèles peut donc contribuer à résoudre les problèmes potentiels inhérents aux modèles murins décrits précédemment.

Quelques nouvelles positives sur les traitements cliniques ont également été communiquées le premier jour. Il existe actuellement une série de traitements à divers stades d’essais cliniques pour la maladie de Parkinson, et nous avons entendu des nouvelles pleines d’espoir concernant un anticorps thérapeutique à base de nitrase. Les chercheurs ont mis au point un anticorps ciblant l’alpha-synucléine nitrée et leurs recherches précliniques ont montré qu’il réduisait systématiquement l’agrégation et la propagation de l’alpha-synucléine dans leurs modèles animaux. Forts de ces résultats positifs, ils passent aux études sur l’homme et progressent vers des essais cliniques plus avancés.

Deuxième jour

Le deuxième jour, le Dr Juan Li, du laboratoire Schlossmacher de l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa, a fait le point sur PREDIGT. Il s’agit d’un modèle de prédiction de la maladie de Parkinson basé sur des recherches financées en partie par Parkinson Canada, qui utilise un test olfactif simple et un questionnaire récemment mis au point pour prédire un diagnostic de maladie de Parkinson et offrir une possibilité d’intervention précoce.

La deuxième journée a également été marquée par de nombreuses séances d’affichage, au cours desquelles nous avons découvert l’interaction importante entre les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson, de nouvelles interventions pour les troubles cognitifs qui utilisent des applications numériques, et des études qui évalueront des outils et des soutiens fondés sur des données probantes pour les prestataires de soins. Plusieurs affiches ont abordé la physiopathologie de la maladie de Parkinson, y compris de nouvelles connaissances sur la modification de la protéine alpha-synucléine et les régions cérébrales affectées qui sont impliquées dans la gravité et la progression des symptômes. Ces recherches nous rapprochent d’un biomarqueur valide de la maladie de Parkinson.

Les biomarqueurs sont essentiellement un niveau mesurable d’une substance ou un changement détectable dans le corps qui indique la présence d’un processus biologique, y compris les maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson. Ces travaux sont extrêmement importants, car les chercheurs n’ont pas encore trouvé de biomarqueur fiable à utiliser pour quantifier la présence ou la progression de la maladie de Parkinson. L’existence d’un biomarqueur valide accélérera la science. Il permettra aux chercheurs d’étudier plus précisément la progression de la maladie de Parkinson en suivant la propagation des biomarqueurs dans le temps à différents stades, de mesurer l’impact des traitements en observant l’évolution des niveaux de biomarqueurs pendant l’utilisation d’un traitement, et de mieux comprendre la biologie de la maladie de Parkinson en identifiant où et comment les biomarqueurs s’accumulent, et quels sont les processus corporels les plus fortement impliqués.

Dans l’attente de biomarqueurs qui déboucheront sur de nouveaux critères d’évaluation pour les essais cliniques, il était intéressant d’apprendre qu’un résultat rapporté par le patient était en cours d’élaboration avec la participation directe de personnes ayant une expérience vécue et de cliniciens afin de mieux comprendre ce que c’est que de vivre avec la maladie de Parkinson à un stade précoce. Ce travail a permis de suivre les signes, les symptômes ou les événements qui les ont incités à consulter un neurologue ou à chercher un traitement pour la première fois, ainsi que les signes de progression de la maladie aux premiers stades. Ces informations permettent aux chercheurs de se concentrer plus directement sur les aspects de l’échelle d’évaluation unifiée de la maladie de Parkinson qui démontreront le mieux l’efficacité des thérapies dans les premiers stades de la maladie de Parkinson, d’un point de vue plus proche des déclarations des patients.

Après seulement deux jours, nous avons déjà pris connaissance d’un grand nombre de travaux importants réalisés sur le terrain, et nous sommes impatients de voir ce que les prochains jours nous réservent.