Scruter les globules rouges pour diagnostiquer la maladie de Parkinson

Hélèna Denis
Candidate au doctorat
Centre Hospitalier de l’Université Laval
Bourse d’études supérieures
30 000 $ sur deux ans
Les vésicules extracellulaires dérivées d’érythrocyte : biomarqueurs de la maladie de Parkinson

Étant donné qu’aucun test diagnostique ne permet de déterminer de façon concluante si une personne est atteinte de la maladie de Parkinson ou à quel stade de la maladie elle se trouve, les médecins diagnostiquent la maladie en s’appuyant sur des échelles. L’échelle tient compte de la qualité du fonctionnement d’une personne, de ses symptômes et des résultats d’une combinaison de tests de mémoire et de tests moteurs.

À l’Université Laval, Hélèna Denis, candidate au doctorat, examine les vésicules extracellulaires (VE), des structures émergeant des cellules qui transportent les molécules. Elles favorisent la communication entre les cellules. Hélèna Denis se concentre sur les VE provenant des globules rouges pour comprendre quel est leur rôle dans la maladie de Parkinson.

Lorsque les cellules sont activées ou stressées, elles peuvent libérer un plus grand nombre de ces vésicules, dit Hélèna Denis.

Elle compare le nombre de vésicules provenant des globules rouges de personnes qui ne sont pas atteintes de la maladie de Parkinson au nombre de vésicules chez les personnes atteintes de la maladie.

« Nous avons constaté de fortes corrélations entre le nombre de vésicules extracellulaires dérivées des cellules rouges et une échelle clinique que les cliniciens utilisent pour noter les stades de la maladie de Parkinson », affirme-t-elle.

Selon l’échelle, les personnes qui semblent être aux premiers stades de la maladie de Parkinson ont également un moins grand nombre de VE provenant de leurs globules rouges que les personnes qui en sont à un stade avancé de la maladie.

Hélèna Denis met également l’accent sur les différences entre les types de protéines que l’on trouve dans les VE des personnes atteintes de la maladie de Parkinson et les protéines présentes dans les VE des personnes en santé.

« La teneur en protéines de ces vésicules pourrait également nous aider à diagnostiquer la maladie ou à en prédire les stades », avance-t-elle.

Un jour, les résultats d’Hélèna Denis pourraient servir à diagnostiquer la maladie de Parkinson, à évaluer l’évolution de la maladie plus précisément ou à mesurer l’efficacité des traitements. Par exemple, si un médicament ou un traitement réduisait le nombre de VE provenant de globules rouges ou leur signature protéique spécifique chez un patient atteint de la maladie de Parkinson, cela indiquerait que le médicament fonctionne.

Hélèna Denis a commencé sa carrière dans l’industrie pharmaceutique, mais elle n’aimait pas la pression exercée pour commercialiser les découvertes. Elle a donc choisi de poursuivre une carrière en recherche universitaire, où elle peut se consacrer à cette science fondamentale nécessaire.

« J’aime beaucoup mon projet de recherche, car j’ai l’occasion de travailler avec les patients et les cliniciens », lance-t-elle.

Elle est également motivée par la nécessité de personnaliser les médicaments pour mieux traiter les symptômes individuels des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. La mise au point de biomarqueurs serait utile.

« Chaque patient atteint de la maladie de Parkinson présente un ensemble distinct de symptômes, explique Hélèna Denis. Certaines personnes présentent des symptômes moteurs plus graves, tandis que d’autres présentent des troubles cognitifs plus importants. Les biomarqueurs aideraient à personnaliser les médicaments pour traiter les symptômes de chaque patient individuellement. »