Protéger les cellules cérébrales essentielles contre une trop grande quantité de calcium

George Robertson
professeur
Université Dalhousie
Bourse pour projet pilote
50 000 $ sur un an
Neuroprotection chez les souris traitées au MPTP par ablation conditionnelle de l’uniport calcique mitochondrial

Au cours de la dernière décennie, des chercheurs ont découvert que les personnes prenant des médicaments qui bloquent les canaux calciques pour traiter l’hypertension artérielle courent un risque plus faible de développer la maladie de Parkinson.

Cette découverte inattendue a ouvert la voie à la recherche sur le lien entre le calcium et les mitochondries — de minuscules structures au sein des cellules qui convertissent l’oxygène et le sucre en énergie. Les mitochondries ont besoin de calcium pour stimuler ce processus.

À l’Université Dalhousie, Professeur George Robertson élabore un modèle de souris pour étudier la protéine MCU (uniport calcique mithochondrial), qui transporte le calcium dans les mitochondries. Trop de calcium mitochondrial provoque la mort des cellules, y compris les cellules dopaminergiques du cerveau qui jouent un rôle essentiel dans la maladie de Parkinson.

Après avoir mis au point une souris dont les cellules dopaminergiques manquent de protéines MCU, Robertson et son équipe exposeront ces souris à une toxine qui produit les symptômes de la maladie de Parkinson chez les animaux et les personnes. Si ces souris déficientes en protéines MCU sont protégées, cette protéine sera validée comme cible médicamenteuse pour la maladie de Parkinson.

« Nous allons voir si l’élimination de la protéine MCU protège les souris d’une toxine qui cause la maladie de Parkinson, explique Robertson. Nous posons l’hypothèse qu’en bloquant la protéine MCU chez les sujets atteints de la maladie de Parkinson, les neurones dopaminergiques vulnérables seront moins nombreux à mourir. »

Si elle est couronnée de succès, la recherche de Robertson favoriserait la mise au point de médicaments qui bloquent la protéine MCU dans les neurones dopaminergiques.

Étant donné que la plupart des gens ont déjà perdu environ 80 % de leurs cellules productrices de dopamine au moment où ils reçoivent leur diagnostic de maladie de Parkinson, cette approche ne permettrait pas d’inverser l’évolution de la maladie. Si elle est couronnée de succès, cette approche pourrait ralentir l’évolution de la maladie en empêchant la mort d’autres cellules, ce qui assurerait une meilleure qualité de vie plus longtemps aux personnes atteintes.

« Si nous prouvons ce que nous avons prédit, les chimistes seront motivés à créer un médicament composé qui pénètre dans le cerveau pour réduire la vitesse à laquelle évolue la maladie », affirme Robertson.

George Robertson, dont le père et le grand-père étaient tous deux médecins, a eu envie de poursuivre une carrière en recherche médicale après avoir regardé une entrevue avec le scientifique suédois Anders Björklund à l’émission Take 30 de CBC en 1980. Björklund a été un pionnier de la transplantation de cellules du cerveau en vue de traiter la maladie de Parkinson.

« L’entrevue était si bien menée qu’elle m’a fait forte impression », raconte Robertson.

Lorsqu’on lui a donné l’occasion de travailler sur la maladie de Parkinson, Robertson s’est immédiatement montré intéressé. Aujourd’hui, il espère que ses travaux en cours sur les diverses façons de supprimer la protéine MCU profiteront aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

« Je crois que la protéine MCU joue un rôle fondamental dans la mort cellulaire des neurones dopaminergiques. Son importance et la façon dont les choses se dessinent me semblent logiques, dit Robertson. Le défi consiste à trouver un moyen de la cibler de façon sélective et sécuritaire chez les gens. »