Naila Kuhlmann,
Doctorante, Université de la Colombie-Britannique
Bourse d’études supérieures : 30 000 $ sur deux ans

Étude morphologique et électrophysiologique du rôle du gène LRRK2 dans la plasticité synaptique striatale activité-dépendante

L’un des domaines les plus fascinants de la neuroscience a trait à la plasticité du cerveau, soit sa capacité à s’adapter et à établir de nouvelles connexions à la suite de nouvelles informations ou de dommages découlant d’une blessure ou d’une maladie. Au Djavad Mowafaghian Centre for Brain Health de l’Université de la Colombie‑Britannique, la doctorante Naila Kuhlmann étudie la plasticité des neurones au niveau du striatum, une région du cerveau qui est touchée par la maladie de Parkinson.

Mme Kuhlmann examine la structure même des cellules cérébrales. Elle se concentre sur les dendrites, les parties des neurones rappelant des branches d’arbre, et les épines dendritiques, les excroissances des cellules où les connexions vers les autres cellules se forment. Mme Kuhlmann étudie la façon dont les modifications du gène LRRK2 affectent ces neurones. Les formes mutées du gène LRRK2 constituent la cause génétique la plus connue de la maladie de Parkinson. Mme Kuhlmann cherche à savoir si les modifications de la protéine LRRK2 influent sur la transmission de substances chimiques au sein des cellules cérébrales et de la structure des dendrites et des épines dendritiques.

« Je tente de déterminer si cette mutation a un effet direct sur la structure des neurones, explique Mme Kuhlmann. La structure est liée au fonctionnement, et nous savons qu’il existe une certaine forme d’altération du fonctionnement dans la pathologie de la maladie de Parkinson. »

Si Mme Kuhlmann découvre la façon dont le gène muté LRRK2 et ses protéines connexes altèrent la structure des autres cellules cérébrales qui régulent la dopamine (une substance chimique essentielle au mouvement musculaire), ces connaissances fondamentales pourraient aider les chercheurs à mettre au point de nouveaux médicaments. Ceux‑ci pourraient freiner la progression de la maladie de Parkinson à un stade très précoce.

« Parfois, le simple fait de varier la quantité de protéines pourrait régler le problème », indique Mme Kuhlmann.

Il est primordial de cerner les problèmes au niveau cellulaire. En effet, si les chercheurs parviennent à déterminer l’origine exacte de la maladie de Parkinson, ils pourraient être en mesure d’intervenir à ce stade.

Pendant son enfance, Mme Kuhlmann avait un ami atteint de la maladie de Parkinson avec qui elle suivait des leçons de piano. Ce dernier contrôlait mieux ses mouvements lorsqu’il jouait du piano, ce qui la déconcertait. Elle a souvent pensé à lui au cours de ses recherches, et elle puisait sa motivation des courriels d’encouragement qu’il lui envoyait.

« J’étais très heureuse de savoir que mes travaux de recherche touchent plusieurs personnes et de constater que des gens s’y intéressent vraiment », mentionne-t-elle.

Mise à jour: A la fin de la première année de son projet Programme national de recherche de la SPC, Naila Kuhlmann a réussi à obtenir un bourses d’études supérieures du Canada au niveau de la maîtrise IRSC de trois ans des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour continuer à poursuivre la recherche de la maladie de Parkinson.