Sommeil, statut socioéconomique et maladie de Parkinson

Contribution du statut socioéconomique à l’insomnie et à la somnolence diurne excessive dans le vieillissement normal et la maladie de Parkinson

Faustin Armel Etindele Sosso
Candidate au doctorat
Université du Québec à Montréal
Bourses d’études supérieures
Financée en partenariat avec Fonds de recherche du Québec - Santé
20 000 $ sur 2 ans

Les troubles du sommeil sont l’un des principaux symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson et, intuitivement, il est logique qu’ils soient pires pour les personnes qui doivent travailler par quarts ou jongler avec plusieurs emplois pour joindre les deux bouts.

Personne n’a toutefois étudié en profondeur la relation entre le statut socioéconomique, l’insomnie ou la somnolence de jour et la maladie de Parkinson jusqu’à maintenant.

Faustin Armel Etindele Sosso, doctorant à l’Université du Québec à Montréal, compare les données de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement et du Réseau Parkinson Québec afin de relever tout lien entre le niveau de scolarité, le revenu, l’état civil et les codes postaux des personnes atteintes de la maladie de Parkinson au Canada qui présentent ces troubles du sommeil.

Il utilisera également des questionnaires pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson afin d’évaluer la durée et la qualité du sommeil, la somnolence de jour, l’anxiété, la dépression et la cognition.

« Les troubles du sommeil ont des répercussions physiologiques , affirme-t-il. Après cinq ou dix ans, les personnes qui dorment mal auront des problèmes d’immunité et de déficience cognitive. Il y a également une forte association entre les personnes qui dorment mal et une augmentation de l’obésité, de l’apnée du sommeil et du diabète. »

Compte tenu de l’association entre les troubles du sommeil et la maladie de Parkinson, M. Etindele Sosso souhaite examiner comment les facteurs socioéconomiques influencent aussi la progression de la maladie. Les personnes qui n’ont pas les moyens de s’absenter du travail ou qui n’ont pas accès à des médecins ou à des spécialistes – ce qui est tributaire du statut socioéconomique – peuvent par exemple ne pas obtenir les interventions dont elles ont besoin pour atténuer les symptômes de la maladie.

« Certains auteurs ont émis l’hypothèse qu’une personne qui n’a pas accès à des spécialistes du traitement de troubles comme la maladie de Parkinson va simplement voir ces symptômes augmenter , affirme-t-il. La maladie évoluera plus rapidement chez elle que chez la personne qui a accès au traitement et au diagnostic. »

S’il parvient à montrer une association entre des conditions socioéconomiques moins favorables, des troubles du sommeil et la maladie de Parkinson, il espère que ses recherches aideront les personnes qui travaillent en économie, en sociologie et en psychologie à mieux comprendre les répercussions physiologiques de ces conditions sur le corps.

« Certains auteurs ont émis l’hypothèse qu’une personne qui n’a pas accès à des spécialistes du traitement de troubles comme la maladie de Parkinson va simplement voir ces symptômes augmenter. La maladie évoluera plus rapidement chez elle que chez la personne qui a accès au traitement et au diagnostic. »

M. Etindele Sosso s’intéresse particulièrement aux effets des facteurs socioéconomiques parce qu’en tant qu’immigrant canadien provenant du Cameroun francophone, il a vécu de l’isolement et de la pauvreté. Bien qu’il ait étudié en Tunisie et y ait été anesthésiologiste, il n’a pas pu travailler dans ce domaine au Canada. Il a utilisé sa formation médicale et scientifique pour entreprendre une carrière en recherche.

« Je sais ce que signifie avoir un faible statut socioéconomique en tant qu’immigrant et étudiant ayant de la difficulté à obtenir un emploi, à étudier et à payer mes factures. Je voulais faire enquête et partager ma propre expérience », confie-t-il.