Mettre fin aux hallucinations


Docteur Philippe Huot, Professeur adjoint, Département de pharmacologie, Université de Montréal, Neurologue spécialisé dans les troubles du mouvement, Centre Hospitalier de l’Université de Montréal
Bourse pour les nouveaux chercheurs : 89 984 $ sur deux ans

Titre en termes scientifiques : Récepteurs mGlu2 et psychoses chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson

À un stade avancé de la maladie, de 60 à 75 % des personnes atteintes de la maladie de Parkinson souffrent de psychoses ou d’hallucinations visuelles frappantes (elles peuvent notamment voir des ombres, des insectes ou les visages de personnes familières ou étrangères qui ne sont pas là). Ces expériences troublantes entraînent parfois le placement de ces personnes dans des établissements de soins à long terme.

« Il s’agit d’un problème fort important, qui a un effet très néfaste sur la qualité de vie des patients et des prestataires de soins », précise le Dr Philippe Huot.

Le Dr Huot, neurologue et professeur adjoint à l’Université de Montréal, étudie les zones du cerveau qui ont été associées aux hallucinations visuelles de même que les protéines intervenant dans ces connexions nerveuses. Il mesure le taux de mGlu2, qui est une protéine jouant un rôle dans les hallucinations visuelles, dans des échantillons de tissus prélevés dans le cerveau de personnes décédées ayant souffert de la maladie de Parkinson, à des fins de comparaison avec les cerveaux de personnes non atteintes de cette maladie.

La protéine mGlu2 régularise le glutamate, un acide aminé du cerveau qui transporte les signaux entre les cellules cérébrales. À l’heure actuelle, un seul médicament – la clozapine – traite efficacement les hallucinations visuelles et d’autres types de psychose. Cependant, les patients qui prennent de la clozapine doivent régulièrement subir des contrôles sanguins en raison des effets secondaires potentiellement dangereux de ce médicament.

Si le Dr Huot parvient à montrer que les personnes souffrant de la maladie de Parkinson ont de faibles taux de protéine mGlu2 dans une zone en particulier du cerveau, il pourra alors mettre à l’essai de nouveaux médicaments qui n’ont pas encore été homologués pour vérifier s’ils se lient à la protéine afin d’en accroître l’efficacité. Il est possible que l’efficacité accrue de la protéine mGlu2 permette au glutamate de transmettre plus efficacement les signaux dans le cerveau et, nous l’espérons, d’atténuer les hallucinations.

« Il est primordial de déterminer les zones du cerveau et les récepteurs qui interviennent en l’occurrence, car nous pourrons alors mettre au point des traitements plus efficaces », mentionne le Dr Huot.

À l’adolescence, le Dr Huot était fasciné par un modèle du cerveau se trouvant dans le bureau de son père, qui exerçait la profession de psychologue. Cette fascination explique que le Dr Huot ait choisi une carrière qui lui permet de prendre soin des personnes souffrant de la maladie de Parkinson et d’autres troubles du mouvement tout en menant des recherches qui, espère‑t‑il, permettront de soulager l’un des symptômes les plus inquiétants des patients aux prises avec cette maladie.

« Le fonctionnement du cerveau m’a toujours intrigué », déclare‑t‑il simplement.