Flairer la maladie de Parkinson

La perte d’odorat est un symptôme précoce dont souffrent la plupart des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. C’est pourquoi certains chercheurs ciblent le système olfactif, de façon à l’utiliser pour prévoir qui développera la maladie.

Étant donné qu’il y a de nombreuses autres raisons pour lesquelles les gens perdent l’odorat, Dr Johannes Frasnelli espère qu’un autre système sensoriel offrira de meilleurs indices diagnostiques. Frasnelli, neuroscientifique et professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières, porte un intérêt particulier au système chimiosensoriel trigéminal. Le système trigéminal – dont la plupart des gens ignorent même l’existence – est une composante du système nerveux qui nous aide à percevoir le piquant des piments ou la fraîcheur de la menthe poivrée.

Frasnelli tente de déterminer les patrons d’atteinte affectant le système trigéminal spécifiques à la maladie de Parkinson. L’identification de ces patrons pourrait constituer la base d’un marqueur ou d’un test diagnostique.

« La détection précoce aurait pour avantage de permettre la mise au point d’outils grâce auxquels nous pourrions freiner l’évolution de cette maladie », explique Johannes Frasnelli.

Le système trigéminal est constitué de récepteurs présents dans le nez et la bouche qui sont indépendants de l’odorat et du goût. En général, une personne qui perd l’odorat devient également moins sensible aux sensations de piquant, de brûlure et de fraîcheur.

Cependant, Frasnelli soupçonne que le système trigéminal des personnes atteintes de la maladie de Parkinson ne se détériore pas, ce qui signifie qu’elles peuvent toujours percevoir ces sensations aiguës et piquantes. Il compare des groupes de personnes qui ont perdu l’odorat pour une raison autre à des groupes de personnes atteintes de la maladie de Parkinson et à des groupes de personnes saines, afin d’essayer d’isoler un patron d’atteinte ou un profil unique aux personnes à risque de développer la maladie de Parkinson.

S’il découvre que les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ne peuvent pas sentir la plupart des odeurs, mais qu’elles peuvent toujours percevoir la sensation de fraîcheur, de brûlure ou de piquant, des tests à cet effet pourraient offrir un bon marqueur diagnostique.

« Nous aurons alors une meilleure façon d’évaluer qui est le plus à risque et qui l’est moins », affirme Johannes Frasnelli.

Cette évaluation est essentielle, car au moment où la maladie de Parkinson est diagnostiquée, la plupart des gens ont déjà perdu 60 % de leurs cellules dopaminergiques.

Dr Frasnelli, qui a reçu une formation de médecin en Allemagne, préfère la recherche au travail clinique auprès des patients parce qu’il peut satisfaire sa curiosité à l’égard des problèmes qui touchent les gens, y compris ceux qui sont atteints de la maladie de Parkinson.

« Avec la recherche, vous pouvez poser des questions qui sont sans réponse, et tenter de trouver vous-même la réponse, dit-il. C’est extrêmement intéressant. »