Empêcher qu’un remède ne devienne aussi mauvais que la maladie

Le médicament lévodopa, ou L-Dopa, demeure le traitement le plus efficace et le plus largement prescrit pour les symptômes de la maladie de Parkinson, mais il provoque des effets secondaires, dont des mouvements involontaires appelés dyskinésies, qui peuvent être plus débilitants que la maladie sous-jacente.

Martin Parent, professeur agrégé au Département de psychiatrie et de neurosciences de l’Université Laval, tente de trouver les causes de cette interaction indésirable avec un médicament par ailleurs précieux.

« Nous estimons qu’environ 70 % des patients souffriront de dyskinésies après cinq ou six ans de traitement, dit-il. C’est un gros problème. »

Au cœur de ce problème se trouverait la façon dont réagit le cerveau face à la maladie de Parkinson, c’est-à-dire qu’il réduit le nombre d’axones sains, les parties longues, semblables à des fils, des cellules nerveuses du cerveau qui contrôlent le mouvement. À mesure que les axons disparaissent, ils sont remplacés par des cellules qui ne fonctionnent pas de la même façon. Ces nouvelles cellules sont responsables de la distorsion de l’efficacité d’un médicament clé.

« Elles prennent la lévodopa, puis relâchent la dopamine de façon incontrôlée », explique Martin Parent. Ces rafales de dopamine qui se répandent dans le cerveau se traduisent par des mouvements tous aussi incontrôlés associés aux dyskinésies.

Avec la collaboration de ses collègues, Parent a trouvé la source de ce comportement dans un gène particulier appelé VGluT3 (prononcer « Vé Glu Té Trois) ». Ils examinent maintenant des souris qui ont été génétiquement modifiées pour empêcher ce gène de fonctionner, de façon à déterminer si cela empêche l’apparition de dyskinésies en présence de lévodopa.

Parent est également enthousiaste à l’idée d’utiliser la technologie d’édition génétique de pointe appelée CRISPR-Cas9, pour « mettre K.-O. » ou supprimer ce gène. Cette approche novatrice, mise au point au cours des toutes dernières années, utilise un virus pour mettre K.-O. le gène VGluT3 chez les souris adultes, ce qui n’était pas possible auparavant. Étant donné que la technologie donne lieu à un processus moins laborieux et plus rentable, Parent s’attend à ce que cette approche accélère la recherche.

Parent espère surtout que ses résultats finiront par aider les chercheurs et les cliniciens à comprendre et à surmonter le défi que représente l’utilisation de la lévodopa, afin que les personnes atteintes de la maladie de Parkinson en bénéficient.

« Certains médicaments réduisent les dyskinésies en diminuant l’effet de la lévodopa, mais les patients ne s’en portent guère mieux, avance-t-il. En agissant directement sur le gène ciblé, VGluT3, nous espérons obtenir de meilleurs résultats lors des essais cliniques. »